After Hours

Gary Kildall, à l'origine de CP/M, le grand frère de MS-DOS

Le 14-09-2026
Chapitre Personnages

Il est trop facile d’attribuer à Microsoft la paternité du premier OS destiné à un micro professionnel. En fait, c’est DRI ("Digital Research Inc"), qui en est à l’origine, avec CP/M. Son histoire mérite d’être contée, qui est aussi celle de Gary Kildall.

Elle commence dans les années 73-74 quand un certain Gary Kildall, à l’époque professeur d’informatique à la "Naval Postgraduate School" adapte un simulateur pour faire tourner du code 8080 d’Intel sur des systèmes de temps partagé ("Time Sharing"), le dit 8080 étant un processeur 8 bits, le détail a son importance. Il utilise pour cela le langage PL/M ("Programming Language for Microcomputers"), qui lui permet de concevoir un utilitaire de chargement, le "bootstrap", un système de fichiers rudimentaire et une interface de disque souple, celui de Shugart. Cet assemblage devient très vite un embryon d’OS, baptisé CP/M ("Control Program for Microcomputers") qui est présenté par son concepteur en 1974. Il est aussi le premier OS capable de travailler avec un disque.

Ce qui est très important et c’est pourquoi il faut rendre à César ce qui lui appartient. Il y a dans cet outil les prémisses des OS que l’on verra apparaître par la suite : un BIOS ("Basic Input/Output System"), qui est un gestionnaire de ressources matérielles de bas niveau, un BDOS ("Basic Disk Operating System"), le gestionnaire de fichiers, pour allouer les fichiers et gérer les accès séquentiels et directs au disque et un CCP ("Console Command Processeur"), un interpréteur de commandes.

En fait, quand on y regarde de près, il apparaît que Gary Kildall s’est fortement inspiré de systèmes existants, tels que ceux de DEC, "Digital Equipment", rappelons-le n° 2 mondial derrière l’inamovible IBM, à l’époque, qu’il a donc adapté à un environnement beaucoup plus contraignant, celui d’un processeur 8 bits. Sachant que dans ces années 70, les processeurs étaient tous des 8 bits, aussi bien chez Intel que chez Zilog, son principal concurrent.

La véritable date de naissance de CP/M doit être fixée à 1973, avec l’annonce d’une version 1.3 commerciale, qui possédait une caractéristique importante, qui sera largement utilisée par la suite, la séparation du BIOS du reste du système pour faciliter le portage de l’OS sur de nouvelles machines.

On notera au passage, que si le BIOS n’est quasiment plus utilisé aujourd’hui, il faut le considérer comme un élément majeur de l’histoire des OS et c’est donc bien à Gary Kildall qu’on le doit.

Dans un autre article nous vous rappelons les conditions "ubuesques" dans lesquelles Microsoft a lancé pour IBM une version d’OS, 16 bits cette fois (ici), destinée au PC d’IBM de Don  Estridge. Nous rappelons aussi le rendez-vous raté par l’épouse de Kildall, Dorothée McEwen, avec IBM, qui se montrera trop intransigeante quant aux conditions du  portage. Mais ça, c’est une autre histoire.